lundi 19 mars 2012

Adrien et ses petits riens


Sur le trottoir, Marcelline a repris sa place. Elle attend que quelqu'un passe pour l'interpeller et meubler un peu sa solitude. Tout comme mon locataire, Ziggy, manteau sale et pantalon tombant, il hèle le passant pour s'en faire un compagnon temporaire. Parfois, la vie a des aspects pour le moins terrifiants, créant des êtres à la recherche d'autres âmes pour ne pas perdre la leur.

 Notre quotidien depuis maintenant 3 mois reste entre les 4 murs de notre nouvelle maison. La tâche est ample et ambitieuse. Pas arrogante. Nous donnons toute notre coeur dans les travaux. Même si parfois on ne voit pas le bout du tunnel, les petites avancées restent une récompense dont on ne nie pas la jouissance. Je disais mon désarroi face à ces mètres carré de murs à enduire, toujours aussi grand par ailleurs. Mais les petites touches d'avancée commencent à faire leur effet sur un moral auparavant en berne.

samedi 17 mars 2012

Ce beatnik de Patrick

 
 En ce samedi qui s'annonçait gris, Junis et moi avions décidé de faire un tour à Emmaus. Je suis toujours étonné par l'endroit, presque fasciné de voir autant d'objets déchus. C'est le même esprit qui anime le vide-grenier. On voit ici et là des morceaux d'âme jetés au milieu d'un purgatoire triste, invalide et sourd. Au milieu de terres arables où des tunnels en plastique abritent de futurs melons, la place est un no man's land où errent des êtres un peu bizarres, rudes aux entournures comme les meubles qui s'alignent sur la terre nue.

Junis et moi aimons vagabonder au milieu de ces objets autrefois aimés, maintenant délaissés. Ils crient leur désespoir et leur désarroi, ils attirent par tous les moyens notre regard afin qu'y jette notre dévolu. Et ça marche. Je me surprends à tomber en amour pour un objet incongru, insolite, impropre. Tant pis si cela vient charger encore plus mon cabinet de curiosités, il me fallait ces petits jouets repérés sur une étagère triste à mourir !

mercredi 14 mars 2012

Euschemon en amont

Il semble que le printemps soit en avance. Il semble en apparence, faut toujours se méfier du retour de bâton comme dit Gisèle. Nous, on continue nos travaux...

samedi 10 mars 2012

Caîus et Alexandre

Bon sang, j'ai l'impression de faire du sur place. J'en suis à mon 4e sac d'enduit, soit 100 kg de poudre blanche et je vois toujours pas la fin du tunnel malgré les rails... C'est impressionnant de se voir si petit devant l'ampleur du chantier que nous avons ouvert en novembre dernier. Nick et Adrian sont venus prendre le thé sur le chantier. Cela faisait très pub pour Cinna, genre les tasses au milieu d'un salon aux murs défraichis, un chandelier multicolore qui aurait pu être un Arte Fontana, assis sur des chaises qui, pour le coup, sont de Habitat. Discussions de tout et de rien, sur le chantier que l'on vient de terminer et dont ils assurent l'après-vente, sur la vie dans leur village, leur récente visite au pays et la saison qui approche. Comme ces deux-là ont aussi menés eux-mêmes les travaux de leur maison, ils sont à même de comprendre notre travail. Et ils sont impressionnés par les avancées et cela rassure un peu.