mercredi 28 octobre 2009

185

Le temps est décidé magnifique sur Gabian. L'été se prolonge sous ses couleurs indiennes, les feuilles de vigne rougissent sous un soleil encore pimpant, les platanes se drapent d'ors.

Les travaux sur la RD13 avancent. Junis découvre avec horreur le massacre qui a eu lieu. Et on se dit qu'il y avait d'autres solutions. Mais la facilité est toujours de mise par ici, douce partenaire de la fainéantise.


Sur une toute autre échelle, les travaux pharaonique de l'A75 finissent de redessiner les contours des régions qu'elle traverse. Le ballet de camions et autre engins donnent le vertige devant la somme d'énergie déployée. Cela ressemble presque à du Stephen Shore.




lundi 26 octobre 2009

184

Le week-end dernier, on a réalisé que la couleur aubergine de la salle de bain commençait à nous ennuyer. Comme un taureau dans sa manade, hormones en ébullition, il fallait prendre la bête par les cornes. En fait, depuis le début, cette salle de bains nous a toujours embêté car elle était moche avec sa faîence trop haute sur les murs, son agencement mal pensé.

Il y a 4 ans, nous avions découvert ce joli ton aubergine, bien avant que le venin frelaté de la grosse camionneuse joufflue d'une certaine chaîne télé ne se propage dans les masses. Le point de non retour, c'était quand une voisine nous a demandé notre avis sur la couleur aubergine, là mon cerveau a cessé d'être alimenté en sang ! Il fallait opérer d'urgence.

Mais voilà, comme les choses ne sont jamais aussi simples, On aurait voulu repenser entièrement la salle de bain, c'est-à-dire la raser entièrement, débarrasser les murs, rendre l'ensemble plus compact et pratique. Crise financière oblige, on a opté pour la chirurgie esthétique.

En un week-end, nous avons rassemblé tous les éléments laissés de côté dans la maison : cadres, objets, miroir, peinture... Et on a abouti à un résultat potable, il nous faut investir dans un chandelier pour parfaire la chose... Mais on se dit que la salle de bain n'échappera pas à un recadrage plus sérieux la prochaine fois...

dimanche 25 octobre 2009

183

Ali tente à chaque fois de nous inviter par delà la plaine dans leur grande maison. Alex est là pour le week-end, toujours aussi sobre. Cette fois-ci, nous faisons le trajet vers eux. Ali veut absolument nous présenter sa nouvelle meilleure amie du moment, une décoratrice de Lagrasse.

Le dîner servi est somptueux. Ali est un superbe cuisinier. Iranien d'origine, il officie à merveille et offre aux papilles gourmets un feu d'artifice. Les plats sont autant d'invitation à la gourmandise, d'abord des yeux sous une explosion de couleurs, puis celle du palais comme une promenade dans un jardin des sens interdits. Les plats se suivent et ne se ressemblent pas. Mon voisin Mickael en est étourdi et se rue sur les mets, tandis qu'Oriana est aux prise avec le Tigre. Le doux Sasha, adolescent en quête d'identité, nous invite à l'écouter chanter...

Ali aurait du choisir Laurence comme meilleure nouvelle amie de la semaine. En couple avec Omar, ils sont de très bonne compagnie. Elle est antiquaire, il est brocanteur. Une vie sur le fil, des histoires extraordinaires, une rencontre vraiment captivante. On sent l'expérience, l'expertise et l'humain car comme elle le dit, les objets qu'elle vend sont des parts d'humanité en quête d'une nouvelle vie... Et on s'aperçoit que l'on connait le même antiquaire parisien !

La soirée s'étend sous les étoiles de cette douce nuit d'octobre. Les chiens continuent de s'ébattre dans le jardin, Sasha remonte dans sa chambre, rires et délires au programme. Ah, la décoratrice de Lagrasse... un met fade et sans intérêt dans cette soirée si colorée...

lundi 19 octobre 2009

182

"Tu n'aimeras point", c'est le film que nous sommes allés voir à Clermont l'Hérault avec nos deux gars de Neffiès. C'est aussi ce que je disais aussi à mes clients à la recherche d'un bien immobilier à propos de cette ville-village des montagnes...

En fait, la première fois que nous sommes venus dans la région, nous avons atterri à Clermont. Au mois de décembre. C'était comme être dans un film de Cabrol shooté au lexomil, le talent en moins. Après plusieurs essais, nous n'avions rien trouvé à cette ville.

Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, je ne suis donc pas un imbécile. Ma vision de Clermont a singulièrement changé en moins d'une semaine. En ce mois d'octobre, le temps est fabuleux. Sans doute la clémence météo y est pour quelque chose. Pas seulement.

Avec les beaux-parents, nous avons fait le marché du mercredi. Une révélation. On parle de Pézenas, j'en ris tellement c'est gavé d'anglais en mal d'authenticité et clichés. La municipalité piscénoise devrait embaucher des petits vieux en bérets et les envoyer, baguette sous le bras et colliers d'aulx au cou, cela devrait faire rappliquer encore plus de britons. Non, à Clermont, on est plus vrai, plus nature, plus rude, plus bio et pas seulement pour la galerie. Très bien. Sans compter cette petite boutique déco dont on a pu s'empêcher d'acheter un tout petit quelque chose...

Et puis, nous sommes allés au cinéma art et essai avec Jérôme, sa mère - top classy - et Uwe. Là aussi, on s'est cru devant le Reflet Médicis dans les années 80, attendant une projection alors underground de la Ley del Deseo d'Almodovar. Trop cool. Alors "Tu n'aimeras point" devient le point d'orgue d'un épisode découverte de Clermont l'Hérault.

vendredi 16 octobre 2009

181

Tous les deux mois, l'office de tourisme du coin tient son conseil d'administration. Les villages de la communauté de communes donnent un budget pour le tourisme, juste au cas où on prendrait au sérieux le tourisme !

Depuis peu, le maire de Gabian est le président de la communauté et préside au futur développement des environs. Avec les ambitions affichées de Cassan, on lorgne avec avidité les deniers du touriste. Et le derniers avatars en date, à savoir la taxe de séjour, devient un enjeu majeur. L'office de tourisme menace les hébergeurs qui ne jouent pas le jeu du collecteur d'impôts. Parce que sa survie en dépend - comme la généreuse prime de Noël d'ailleurs. Même si les services - seulement en français - ne sont pas du tout à la hauteur du racket organisé.

C'est ainsi qu'un gros hébergeur du coin retient sans vergogne la taxe de séjour sous son coude, demandant expressément à l'office de tourisme de reconsidérer son rôle dans le tourisme : non comme simple collecteur d'argent à coups de menace à peine voilé mais en promoteur en amont des intérêts de la région, de ses hébergeurs et autres artisans.

J'ai toujours considéré que l'office de tourisme a un train de retard. Le site internet n'est pas efficace, même si le bureau est fier de dire qu'en tapant le mot clé Roujan dans Google, l'office apparait en première page ! A mourir de rire... Les hébergeurs sont les meilleurs ambassadeurs de la région. Ils savent vendre les environs par leurs sites internet, leur proximité avec le visiteur.