
On s'était dit qu'avec la renommée de son vase, Anduze vaudrait le détour. Et bien, pas vraiment. On est loin des fastes d'Uzès, du grandiose du Pont du Gard. Petite bourgade serrée entre le Gardon et les montagnes, la vie y est paisible, sans intérêt majeur.

Il est étonnant de savoir que la ville fut un important bastion protestant au 16e siècle et comptait près de 6000 habitants. Et qu'elle était l'une des plus anciennes et des plus puissantes seigneuries du Languedoc.

Sauf que les récessions industrielles du 19e ont marqué durement les lieux et les hommes. Loin l'histoire avec un grand H, comme inexistant le vase éponyme. Finalement, on trouve plus de vases d'Anduze en dehors d'Anduze.

Non loin, il y a la Bambouseraie de Prafrance. Créée en 1856 par Eugène Mazel, un Cévenol passionné de botanique, le lieu est de prime abord magnifique. De bambous en bambous, on se sent panda ballotté au gré de la brise du Nord. Le cheminement est lent, presque monotone mais que des judicieuses installations ravivent.

Entre le village laotien et le parcours feng shui du jardin japonais, le rythme en devient plaisant et même excitant devant les installations artistiques. C'est devenu une mode incontournable de proposer de l'art contemporain dans un jardin. Et cela marche bien. Même si la plupart du public n'intercepte pas le message, l'action s'inscrit dans le réel de la nature et questionne, confronte, révèle la juxtaposition entre le naturel et le construit.

Les oeuvres de Paca Sanchez et de Bernadette Chéné me fascinent, notamment ce cheminement de troncs. Un vieil arbre est mort , des rondins de son corps sont devenus chemin et c'est magnifique. Je me demandais si avec les platanes que l'on a abattu on pourrait pas faire pareil, ce serait leur rendre hommage...

En 2005 la Bambouseraie devient jardin remarquable (comme celui de Margon et le jardin de Saint Hadrien à Servian) et en 2008 elle est inscrite sur la liste supplémentaire des monuments historiques.
La visite se termine par la boutique où l'on reçoit véritablement un coup de bambous !