
Marseille est notre ville préférée en France.

Il n'y a pas photo tant cette cité est belle, dans ses couleurs, dans sa nonchalance, dans ses défauts qui sont autant de diamants qui scintillent sous l'ardent soleil du Midi. Ses rues sont des artères où toute une population hétéroclite évolue, dans les odeurs du port, dans la crudité des saletés, dans la chaleur sensuelle et étouffante. La brise du large caresse ce grand corps, masculin à souhait, fantasme brut, objet sexuel.

Après Cassis, La Ciotat, Bandol, nous arrivons à Marseille, la cerise délicieuse de notre gâteau de vacances. Arpenter la corniche sous le regard majestueux de villas, mater les garçons torse nu s'y promenant, rager de voir la circulation intense, avoir chaud dans la voiture, un ensemble qui vous donne une impression de vacances.

Le port est là, ouvert à tous. Un père s'amuse à pêcher avec un fiston attentif. La criée est terminée depuis longtemps mais l'odeur y est encore. Nous décidons de prendre un hôtel sur le Vieux Port pour vivre intensément Marseille. Il y a une palanquée de restaurants autour, plus que l'embarras du choix.

Maillot blanc et bleu ciel aux couleurs de l'OM, les gars se baladent sans but sur les quais, les touristes reconnaissables à leur teint blafard se la jouent cool en portant un short de bain trop baggy, l'africain essaie de refourguer sa camelote, encombré d'une multitude de lunettes fakes, les vedettes reviennent d'If, les petites frappes réajustent leurs casquettes à la sortie du métro.

Nous avions séjourner dans la cité phocéenne il y a maintenant 7 ans. Nous étions dans un charmant hôtel sur la corniche. Cet été, nous avons manqué le coche pour cet hôtel, du coup, on s'est rabattu sur le Vieux Port. En tant d'année, la cité n'a pas beaucoup changé mais en même temps, il y a des accents qui se remarquent.

De gros efforts d'aménagement ont été fait, d'autant plus que la ville a été désignée capitale européenne de la culture pour 2013. Et elle a de quoi offrir, entre le nouveau bâtiment de Zara Hadid et la cité radieuse, entre nombreuses galeries d'art et boutiques arty, le choix est pléthore.


Et Marseille, c'est aussi la plage. Ah, ce que nous n'avons pas dans le Languedoc, les calanques. Bon, pas très confortable mais si belles à regarder - avec ce qui s'y trouvent !

C'est tout un monde qui s'agite sous les rayons du soleil, une cité entière avec ses codes et ses habitudes. Les familles vont vers le Prado, pratiques avec ses parkings et ses buvettes. Les jeunes aiment se la jouer sur les petites plages s'égrenant au fil de la corniche.

Les autres aiment se perdre dans les calanques, vers les Goudes. Nous, ce sera le Montrose où une déferlante d'Aussiebum et autres XTG ravit nos yeux...


En s'y baladant, nous avons rencontré Gilles au détour d'un fourré, à genoux à ramasser des papiers gras, cannettes de bière et autres reliquats de rencontres. Cela fait 3 ans qu'il s'y emploie, à nettoyer les massifs, torse nu musclé et sac à dos, à protéger ce qui peut encore l'être mais jamais un mot dur envers ces personnes si peu intentionnées, sinon par leur plaisir.

Il nous parle de cette nature qu'il aime, et je m'emporte avec lui sur les mégots qui jonchent les rochers, les sacs plastiques, les emballages de toutes sortes. La discussion s'achève devant un magnifique coucher de soleil et une invitation à une soirée mousse dans un club branché de la cité. Cela se fait encore les soirées mousse ?

Les ferries s'en vont vers l'Algérie et la Corse, au loin. Le marchand de café et de boissons fraîches trouve son équilibre sur les rochers. Et les gars continuent de se toiser. Et si on se trouvait un restau pour ce soir ?

Et voilà qu'un adjudant met le feux aux collines de Marseille...